Les groupes de réflexion d’Athéna doivent contribuer à la réflexion stratégique en France, en particulier vis-à-vis de la puissance publique. Avec des regards croisés indépendants, ils constituent un des éléments forts de visibilité, de reconnaissance et de légitimité de notre association et pour le rayonnement de l’IHEDN.

Participer à un groupe de réflexion est un engagement sur une durée de plusieurs mois, avec des réunions périodiques, des recherches documentaires, des entretiens ainsi que la rédaction du rapport final et d’articles qui en découlent. C’est aussi l’opportunité de rencontrer des experts de haut niveau, d’être force de proposition et de participer à des événements pour valoriser les réflexions.

Les GRA sont constitués pour l’année 2022. Vous pouvez toutefois écrire à l’adresse  gra@aed-ihedn.fr pour rejoindre l’un des groupes de travail.

Les GRA sont une belle aventure, ils participent du rayonnement de notre association, de l’esprit de défense et de la communauté IHEDN.

Groupes de réflexion 2022

#1 Géostratégie & Souveraineté

Animateur

Philippe Migault

1.1. Politique de la France dans la zone Indo-Pacifique (Alain Crémieux) 

La France à la suite de Magellan

La France est présente dans l’Océan Indien (La Réunion, les îles éparses, les Terres Australes…) et dans l’Océan Pacifique (Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Clipperton…). Cela lui donne un très grand espace économique exclusif et des bases navales servant de points d’appui à sa Marine. Cela lui donne aussi des responsabilités et notamment celle de défendre ces territoires et leurs voies d’accès.

La France dispose en conséquence, avec les autres membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, d’une Marine dotée de navires de surface (y compris un porte-avions) et de sous-marins (SNLE et SNA) ainsi que d’une Armée de l’Air et de l’Espace globale.

Cette situation, issue de son histoire et des caractéristiques particulières de la disparition de son empire, est exceptionnelle dans le monde du vingt-et-unième siècle. Dans quelle mesure influe-t-elle sur ses besoins en armements maritimes, aéronautiques et spatiaux ?

1.2. L’influence de la Chine en Afrique (Gérard Dugard)

Les forces armées, sociétés militaires privées (SMP) et l’industrie d’armement chinoises sont les piliers et les vecteurs majeurs de l’influence (soft power) de la République populaire de Chine en Afrique, pour la mise en place des nouvelles routes de la soie. 

Le développement de la marine de guerre chinoise (porte-avions, transports de troupes et de débarquement,… ) participe à la lutte anti-piraterie dans golfe d’Aden, lui permettant de naviguer dans des zones hors des sphères d’influence traditionnelles. A cet égard, l’installation d’une grande base navale à Djibouti, pivot stratégique, offre un accès privilégié au détroit de Bab El Mandeb ainsi qu’à la Mer Rouge et au Canal de Suez. 

Dans cette lignée, la multiplication des accords de coopération militaire en Afrique, par le biais de la formation, la vente et le don d’équipements militaires (armes légères, véhicules, blindés et hélicoptères…) ou encore, la construction d’usines d’armes légères et de munitions, notamment au Soudan, au Zimbabwe et au Mali, sont autant d’exemples de l’extension de la zone d’influence chinoise.

En quête de partenariats gagnants-gagnants sur le plan économique, la Chine est aussi le deuxième contributeur au budget des Opérations de maintien de la paix de l’ONU. Elle fournit, pour l’instant, des contingents limités, principalement non-combattants (génie, santé), des observateurs civils et militaires, afin d’afficher une posture de neutralité.

Sa doctrine, cependant, évolue et semble s’orienter vers l’envoi de contingents de troupes de combat, comme c’est le cas au Sud-Soudan, par exemple, même s’il ne s’agit que de protéger les autres détachements chinois non-combattants. 

Dans le cadre des « nouvelles routes de la soie », la Chine développe des SMP afin de protéger ses chantiers et autres installations. Par exemple, La Beijing DeWe Security Services Limited Company aurait un centre de formation près de Pékin où une ville de combat a été construite. Elle recrute parmi les forces armées et de sécurité chinoises pour l’encadrement de personnels locaux en Afrique. A l’étranger, le groupe installerait deux camps sécurisés, l’un en Centrafrique, l’autre au Soudan du Sud. Il possèderait également un centre de formation au Kenya…

Dans ce qui est (était ?) leur « zone d’influence » , la France ou d’autres États européens (anciennes puissances coloniales) risquent de se trouver en compétition, voire confrontation avec la Chine.

#2 Economie de défense

Animateur : Grégory Chigolet

2.1 Armements interdits (Gérard Dugard)

Quelles évolutions envisageables dans les traités d’interdiction ou de limitation d’armements ?

Charte de l’ONU Article 26 : afin de favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde, le Conseil de sécurité est chargé, avec l’assistance du Comité d’état-major prévu à l’ article 47, d’élaborer des plans qui seront soumis aux Membres de l’Organisation en vue d’établir un système de réglementation des armements. La convention de Genève fixe le cadre général de l’usage des armements dans la guerre. Des traités ou conventions interdisent certaines armes : chimiques (CICIAC), biologiques (CABT), à sous-munitions (à dispersion)…

La Convention de 1980 sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques comporte 5 protocoles relatifs aux armes à éclats non localisables, aux mines terrestres (antipersonnel ou anti véhicules), aux armes incendiaires, aux armes à laser aveuglantes, aux restes explosifs de guerre. Le Code de conduite de La Haye (HCOC) mène des actions contre la prolifération des missiles balistiques. L’ICAN (Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires.) a ainsi fait adopter par l’ONU en juillet 2017 un texte d’interdiction des armements nucléaires, en prolongement du TNP. 

Le traité d’interdiction des armes nucléaires, signé par 84 pays, entrera en vigueur le 22 janvier 2021, après la ratification du 50ème Etat. 

A contrario, le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) a été suspendu en février 2019. La question se pose de la prolongation d’une durée de cinq ans du traité sur les armes stratégiques qui arrive à échéance en 2021.

Le traité sur le commerce des armes a été ratifié (ONU) en 2014. Le commerce de certaines techniques est aussi contrôlé : biens à double usage (Wassemar), missiles (MTCR), …

Des dispositifs de contrôle sont en œuvre : Ciel ouvert 

Le trafic existe. Des organisations terroristes peuvent disposer de ces armes.

Tous les Etats n’ont pas signé ou ratifié ces accords. 

Quel bilan : Enseignements tirés de la mise en œuvre ? Efficacité vis à vis de la prolifération de ces armes diverses ? Impact sur les ventes d’armement (concurrence) ?

Quelles perspectives : Multiplication des signataires ? Universalité ? Autres interdictions : robots armés (armes létales autonomes), cyberarmes, combattant augmenté, armes spatiales, IED (EEI), armes explosives en zones peuplées, missiles hypervéloces… 

#3 Armement & technologies

Animateur : Emmanuel Le Gouguec

3.1. Motorisation future (Mars Chassilian)

Le monde du transport est en train de vivre une révolution à marche forcée : la suppression des véhicules diesel et thermiques à horizon 2035 modifie structurellement l’ensemble de la chaîne logistique. Les fabricants de technologie se développent en Asie, où la production de batterie, la main mise sur les terres rares, et le développement des électroniques déstabilisent un tissu industriel européen (ex : fonderie SAM, injecteurs diesel Bosch Rodez, …). Cette évolution s’accompagne d’un cadre réglementaire contraignant pour la chaîne industrielle des carburants fossiles.

La performance de la BITD s’appuie sur une activité duale, profitant des volumes du civil pour permettre la continuité des activités militaires. Les cycles de développement des programmes d’armement ne sont actuellement pas compatibles avec l’avancée des technologies civiles.

Les limites de la décarbonation ne sont actuellement pas comprises : la performance des applications militaires est directement impactée par les nouvelles solutions en termes de capacité (volume, autonomie, vulnérabilité …).

Dans une vision prospective, quelle motorisation pour les armées à l’heure de l’électrification/hydrogénation des plateformes civiles et la disparition de la base industrielle associée ?

Comment assurer la continuité des opérations en haute intensité lorsque la chaîne industrielle des équipements actuellement mis en service aura disparu ? Est-ce que ce scénario est réaliste ? Quelles sont les alternatives crédibles ?

→ Il est encore possible de rejoindre le groupe de travail en écrivant à gra@aed-ihedn.fr 


3.2. Innovation(s) et cas d’usage (Bruno Lassalle)

L’innovation et, plus généralement, les technologies innovantes sont au cœur des logiques de défense et la supériorité de nos forces dépend de leur exploitation judicieuse dans le but de démultiplier et de diversifier les effets pour surprendre l’adversaire. Des organismes, comme l’Agence de l’Innovation de Défense et les entreprises de la BITD sont des acteurs majeurs de cette démarche. Ils développent des moyens performants et parfois coûteux pour répondre au besoin.

Le monde civil a, de son côté, développé de nombreuses innovations sur des cycles courts ou avec des moyens plus réduits faisant désormais partie de notre quotidien. L’innovation d’usage, orientée sur le client et la mise en forte concurrence, a pu créer des solutions de rupture performantes en associant des technologies existantes (ex : Waze) ou en créant un écosystème ouvert et bouillonnant (ex : Unreal / Metaverse).

Dans le domaine militaire, les récents succès opérationnels de moyens techniquement simples ou s’appuyant sur des moyens civils détournés de leur emploi initial, tels que les drones turcs Bayraktar TB2 ou les actions sur les réseaux sociaux ont également permis de produire des effets aussi importants qu’inattendus.

De nouvelles voies technologiques sont susceptibles d’être exploitées dans l’avenir au profit de la défense. Parmi ces voies, l’exploitation des nanotechnologies peut faciliter le développement d’une robotique militaire miniaturisée, la propulsion par statoréacteur appliquée aux obus d’artillerie peut apporter une allonge des portées avec des munitions sans pièces mobiles ni comburant, enfin la conception de sous-munitions « dronisées » pour l’artillerie peut transformer l’efficacité des frappes par la diversité des effets.

Il est intéressant d’évaluer si ces voies sont réellement prometteuses, dans la mesure où elles sous-tendent une rupture capacitaire capable de provoquer une surprise opérationnelle au profit de ceux qui sauront les développer.

Au-delà des considérations technologiques, quelles sont les recommandations ou les méthodes qui favorisent la construction de cas d’usages pertinents ? Les cas d’application permettront de s’appuyer sur des méthodes innovantes (ex : démarche C-K, design thinking, …).  

→ Il est encore possible de rejoindre le groupe de travail en écrivant à  gra@aed-ihedn.fr 


#4 Ethique & armement

Responsable : Corinne Lagache

4.1. Finance durable & défense (Damien Concé)

Jusqu’à présent, essentiellement des raisons pratiques expliquaient le manque de soutien financier privé au secteur de la défense : lourdeur et imprévisibilité des procédures de marché public, allongement des délais de paiement, incertitude sur le volume final de la commande publique tout au long de l’exécution des contrats, restrictions aléatoires à l’exportation…

Par ailleurs, le recours aux introductions en bourse à Paris était aussi illusoire vu le manque de profondeur du marché boursier hexagonal et le manque d’intérêt des investisseurs internationaux pour les sociétés cotées en France.

A ces limites, qui restent toujours d’actualité, s’ajoute un nouveau péril : l’exclusion des industries de défense des critères de l’investissement socialement responsable. Ce péril qui n’est aujourd’hui effectif que par l’attitude « supra legem » de comités des risques ou de responsables de la conformité KYC/AML, peut trouver rapidement sa consécration dans les normes européennes et nationales.

Comment inclure les notions de « souveraineté et de résilience » dans les critères ISR/ESG/SFDR afin de lever les freins au financement privé des industries de défense et des start-ups duales ?

Quelle alternative à la vente à des groupes étrangers ou à une cotation sur des marchés étrangers (NASDAQ) pour les pépites stratégiques en phase d’industrialisation de leur production (TRL 7+) ?

Les relations entre « finance durable » et « défense » sont, aujourd’hui, pratiquement exclusivement examinées sous le prisme des finances publiques, de la Loi de Programmation Militaire et de la commande publique. Or le développement des innovations civiles de rupture et les contraintes générales des financements privés ont un impact de plus en plus prégnant sur la BITD et une toute nouvelle catégorie d’acteurs économique (Fonds de Capital Risque, Private Equity, Comité des Risques, Agences de Notation ISR/ESG/SFDR …) prennent des décisions pouvant avoir un impact majeur sur la souveraineté et la résilience nationale sans disposer d’une solide culture de « Défense ».

L’objectif initial est de faire rayonner l’esprit de défense dans ces communautés et de les attirer vers les cycles de formation de l’IHEDN grâce au pont constitué par l’étude de thématiques charnières entre leurs pratiques professionnelles et le monde de la défense

L’objectif secondaire est de susciter un débat permettant de poser les principes d’une solution pragmatique et réaliste permettant de lever des blocages concrets au développement de la BITD.

L’effet indirect recherché est de placer 3AED-IHEDN en mesure d’exploiter pleinement ses atouts (imbrication avec la BITD…) et permettre à l’IHEDN d’investir le champ de la « Finance ».


Groupes de réflexion 2020-2021

#1 Souveraineté technologique & BITD européenne

Responsable : Patrick Michon.
Contact
 :  graed.3aed@aed-ihedn.fr
Groupe de réflexion lancé en janvier 2020.

Souveraineté technologique européenne : mythe ou réalité ?
Autres conditions nécessaires et suffisantes pour l’existence et le développement d’une BITD européenne ;
État de l’art actuel ;
Objectifs à atteindre en 2035, crédibilité de la BITD Européenne à cet horizon ;
Relations avec les autres BITD, co-développements potentiels (USA, Inde, Brésil, Russie, Chine…).

#2 Désengagement US & OTAN

Responsable : Alain Crémieux.
Contact
 :  graed.3aed@aed-ihedn.fr
Groupe de réflexion lancé en janvier 2020.

Impact de la réorientation de la politique US vers le Pacifique et des évolutions de notre environnement plus proche (Turquie…).

#3 La guerre des drones 

Responsable : Dominique Costargent.
Contact
 :  graed.3aed@aed-ihedn.fr
Groupe de réflexion lancé en janvier 2020.

Évolutions des concepts d’emploi, des autres armements… liées à l’arrivée à maturité et la prolifération des drones dans les différents milieux.

#4 Groupe éthique : armement & risques psycho-sociaux 

Responsable : Jacques de Cordemoy.
Contact
 :  graed.3aed@aed-ihedn.fr
Groupe de réflexion lancé en janvier 2020.

Poursuite des réflexions sur éthique et Intelligence artificielle.

#5 Innovation & armement en lien avec l’UNION-IHEDN

Responsables : François Lefaudeux et Jean-Pierre Cornand.
Contact
 :  graed.3aed@aed-ihedn.fr
Groupe de réflexion lancé en janvier 2020.

L’innovation, chance, contrainte ou défi pour la France.

#6 Relire nos rapports une génération après

Responsable : Jean-Pierre Cornand.
Contact
 :  graed.3aed@aed-ihedn.fr
Groupe de réflexion lancé en janvier 2020.

Relire à tête reposée nos rapports… une génération après, de façon à en tirer des enseignements nouveaux, et rapporter alors à ce propos (sur l’évolution dans le temps du même sujet ; sur les acteurs impliqués ; sur la modification des contextes qui influençaient le sujet ; sur les erreurs manifestes, méthodologiques ou de fond, et pourquoi ? sur les problématiques initiées à l’époque particulièrement fécondes, et pourquoi ? etc…).

#7 Menace de l’islamisme

Responsable : J. Le Seac’h.
Contact
 :  graed.3aed@aed-ihedn.fr
Groupe de réflexion lancé en janvier 2020.

Cette nouvelle forme de totalitarisme après le communisme et le nazisme est-elle en train de se répandre comme modèle de civilisation ? Quels sont les vecteurs de l’islamismes comment fonctionnent-il, quelles sont les stratégies de conquêtes, comment fonctionnent-il ? comment convainc-t-il ?

Groupes de réflexion 2018-2020

“Quels partenariats de la France dans le monde islamique”
Responsable : Gérard Dugard.
Lancement en 2018.

Télécharger le rapport “Quels partenariats de la France dans le monde islamique ?”.


“Retour vers le futur” : l’état mondial des BITD en 2035-2040
Responsable : Patrick Michon.
Lancement en 2018.

Télécharger le rapport “Nouvelles Alliances, Nouveaux Conflits. “Retour vers le futur” : les BITD qui seront (peut-être) matures en 2035″.


La guerre dans l’espace
Responsable : Alain Crémieux.
Lancement en 2018.

Télécharger le rapport “Nouvelles Alliances, Nouveaux Conflits. L’arsenalisation de l’espace”.


Groupe éthique : éthique & IA
Responsable : Jacques de Cordemoy.
Lancement en 2018.