Dans de nombreux pays, des fonctions régaliennes de sécurité et de défense sont progressivement externalisées au secteur privé, notamment dans la production d’armements. Le mercenariat, dont la forme contemporaine s’est affirmée lors de la guerre en Irak, permet désormais des interventions sans engagement direct des forces étatiques. Parallèlement, entreprises multinationales et acteurs privés recourent à des sociétés de sécurité pour protéger leurs intérêts à l’international.
Une étude menée en 2017 sur ces entreprises reste pertinente, bien qu’elle ait sous-estimé l’essor des acteurs russes et chinois ainsi que le rôle croissant du cyberespace. La présente analyse vise à actualiser ces travaux à l’aune des mutations géostratégiques récentes.
Depuis la fin de la bipolarité en 1989, l’ordre international évolue vers une configuration multipolaire marquée par la montée en puissance de la Chine, le retour stratégique de la Russie et les ambitions régionales d’États émergents. Ce basculement fragilise les institutions multilatérales et favorise un environnement international plus instable et fragmenté.
Dans ce contexte, les conflits hybrides se multiplient, mêlant cyberattaques, désinformation, guerre économique et recours à des acteurs non étatiques. La privatisation croissante des affrontements soulève dès lors des enjeux majeurs : statut juridique de ces entités, nature de leurs moyens d’action, notamment numériques, et rôle qu’elles sont appelées à jouer dans les rapports de force internationaux contemporains.
